Sur certains sites de PME, c’est Halloween tous les jours de l’année. Autrement dit, le contenu rédactionnel est si épouvantable que les visiteurs prennent peur. Voici dix des plus abominables erreurs en matière de rédaction web propres à vous assurer une place de choix au musée des horreurs. Heureusement, vous trouverez aussi la potion pour transformer vos textes en créatures plus attirantes. Et votre site, fait-il peur?
Le contenu de certains sites est si soporifique qu’il ferait tomber n’importe quel insomniaque dans les bras de Morphée en moins de trois minutes. Pas besoin de recourir à l’humour, au storytelling ou aux figures de style à chaque paragraphe, mais il est impératif de susciter un minimum d’excitation auprès de vos visiteurs.
Potion : sollicitez davantage l’hémisphère droit de votre cerveau ou confiez vos textes à un rédacteur web !
« Certains plumitifs souffrent de diarrhée verbale, c’est-à-dire qu’ils écrivent des phrases interminables, comportant de nombreuses virgules, dénuées de ponctuation, soit parce qu’ils ignorent que l’œil a besoin de se reposer, soit parce que l’anxiété à faire passer le message est tellement grande qu’ils oublient le rôle important du rythme dans la rédaction, soit encore parce qu’ils pensent pouvoir imiter certains grands auteurs classiques, qui eux, maîtrisent parfaitement le tempo de la langue française. »
Ouf ! Voilà donc un parfait exemple d’une phrase interminable à ne jamais faire. Franchement, rien que de l’avoir écrite, j’ai l’impression d’avoir couru un marathon tant, je suis à bout de souffle !
Potion : Utilisez la ponctuation à bon escient. Celle-ci permet de donner du rythme et du style à vos phrases. Et elle donne l’occasion au lecteur de respirer tout en retenant mieux l’information.
Quand un internaute se rend sur votre site, c’est pour y apprendre quelque chose à votre sujet ou à propos de ce que vous faites. Rien n’est plus frustrant que de l’information au compte-gouttes.
Par exemple : un hôtel qui n’affiche pas ses tarifs, une assurance qui se montre vague dans la description d’un produit ou une fiduciaire qui vend du vent.
Potion : demandez-vous ce que le lecteur veut (ou doit) vraiment savoir et écrivez-le !
Sur internet, vous devez aller à l’essentiel. En d’autres termes, évitez au maximum les préliminaires et passez directement à l’acte : la diffusion votre message. Personne n’a le temps de lire 18 paragraphes avant de comprendre ce que vous voulez vraiment exprimer.
Potion : structurez et hiérarchisez les informations de votre texte, afin que les éléments les plus importants et pertinents soient placés au début.
Sur la toile, les visiteurs scannent les pages en quelques secondes. Leurs yeux survolent les titres. Si ces derniers sont suffisamment accrocheurs, ils s’attardent éventuellement sur le reste du contenu. Profitez donc pour y placer de l’info pertinente.
« Des professionnels à votre service », « Bienvenue sur notre site », « Historique » ou d’autres platitudes du genre n’apportent aucune plus-value et sont aussi invitants qu’un obèse à la pilosité excessive s’exerçant au pole dance.
Potion : Écrivez des titres comprenant une information, une promesse, un bénéfice client ou une caractéristique de votre produit ou service.
Certaines coquilles sont normales, d’autres admissibles, d’autres encore pardonnables, surtout lorsqu’elles résultent d’un manque d’attention.
La bonne nouvelle, c’est que la plupart des erreurs peuvent aisément être traquées par un correcteur orthographique.
Toutefois, suivant votre domaine d’activité – en général plus intellectuel que manuel –, les fautes d’orthographe flagrantes diminuent votre crédibilité.
Des bévues plus grossières peuvent même, d’après certaines études, vous faire perdre des ventes et nuire fortement à votre image.
Potion : passez votre texte au correcteur comme Antidote, Le Robert Correcteur ou ProLexis. Pour éviter le bonnet d’âne, apprenez le b.a.-ba de la langue de Molière, comme la distinction entre le participe passé de l’infinitif (« Nous avons terminé » et pas « Nous avons terminer »), l’accord au pluriel, etc. En mémorisant les 40 règles de base du français, vous éviterez de commettre la plupart des impairs fréquemment rencontrés sur les sites de PME.
Vous savez que vous êtes bon. Peut-être que vous êtes même le meilleur ! Mais ce n’est pas une raison pour avoir les yeux en permanence rivés sur votre nombril et le scander à chaque ligne.
Quant aux propos dithyrambiques, à l’exagération et aux termes pompeux, si fréquents dans l’industrie du luxe, ils se déclinent mal dans la plupart des autres domaines.
Si vous manquez d’arguments pour convaincre, ce n’est pas en criant plus fort que vous serez plus persuasif !
Oubliez aussi les produits révolutionnaires, les services innovateurs, les collaborateurs d’excellence, les promesses invraisemblables et les lettres de vente hyperbolisées (le terme n’existe pas, mais je le trouve joli), à moins bien sûr que vous puissiez les prouver.
Potion : soyez modestes, authentiques, réalistes et transparents.
Ce point découle du précédent. Ne parlez pas trop de vous et de ce que vous savez faire : écrivez plutôt selon la perspective du client et énumérez les avantages qu’il peut retirer.
Ainsi, au lieu d’écrire « Nous sommes leaders sur notre marché et nos professionnels sont extrêmement qualifiés », vous pouvez tourner la phrase ainsi : « Vous bénéficiez du savoir-faire d’une entreprise leader sur son marché et des compétences de professionnels extrêmement qualifiés ».
C’est exactement la même chose, mais en moins égocentrique ! En outre, vous favorisez ainsi la relation avec votre prospect.
Potion : adressez-vous à votre client en pensant toujours à substituer autant que possible le nous par le vous.
Vous avez déjà certainement entendu qu’il vaut mieux vendre une bonne nuit de sommeil que les qualités d’un matelas. Ou comme on dit dans la langue de Shakespeare : « Facts tell, benefits sell », que je pourrais traduire – la rime en moins – par « Les faits racontent, les bénéfices font vendre ».
Énumérer les aspects techniques de votre produit, oui, mais pas avant d’avoir résolu un problème, apporté une solution ou fait rêver.
Le descriptif plus détaillé du produit ou du service, dans un deuxième temps, sert à justifier le choix du consommateur, à la rassurer dans sa prise de décision ou à lui donner une base de comparaison.
Potion : Commencez par décliner les bénéfices du produit ou du service avant de décrire ses aspects techniques.
Le texte ci-dessous (tiré du site web d’un institut romand), infesté par le mot-clé « pierres chaudes », vous stresse ? Eh bien vous avez certainement besoin d’un massage !
Des pierres chaudes qui sont un peu pesantes, vous ne trouvez pas?
Plus sérieusement, cette tactique de référencement très utilisée à l’âge de pierre (chaude) d’internet permet encore de se positionner favorablement sur Google – quand bien même le moteur de recherche avait promis de pénaliser les sites encore adeptes de cet exercice.
Cependant, si le keyword stuffing n’irrite pas forcément les moteurs, il révulse fortement les lecteurs.
Potion : Écrivez pour les lecteurs, pas pour les moteurs. Le français est une langue d’une richesse inouïe. Abusez des synonymes et des pronoms, pas des répétitions.
Toujours un sacré sens de l’humour..Sacré Steve…